La croyance dans tous ses E(é)tats

Publié le par La pensée de midi

Sous l’égide de l’Observatoire du religieux(CHERPA), IEP d’Aix-en-Provence, et sous la direction de Raphaël Liogier (Professeur à l’IEP) et l’Université de Sydney (Australie)

 

La croyance dans tous ses E(é)tats
Colloque 

14-15 novembre 2008 à AIX-EN-PROVENCE

 

 

Problématique générale, par Raphaël LIOGIER

 

On ne peut échapper aujourd’hui à certains paradoxes lorsque l’on tente de comprendre l’évolution de l’humanité. On évoque le choc des civilisations, la collision des valeurs, l’opposition des modes de vie, et dans le même temps le dialogue des cultures, l’intensification des communications internationales, la constitution d’une culture et de projets mondiaux. De même, quant aux croyances, les observateurs analysèrent la modernité comme un processus de sécularisation, autrement dit de disparition progressive des croyances religieuses. Et effectivement, nombre d’indicateurs donnent raison à cette thèse, en particulier la baisse de la pratique religieuse régulière. Mais d’une part ce phénomène de baisse de la pratique ne caractérise que certaines sociétés, surtout la vieille Europe, alors que dans nombre de pays la pratique s’intensifie au contraire. On pourrait rétorquer qu’il s’agit de pays moins touché par la modernité, mais ce n’est pas toujours le cas, par exemple si l’on prend le cas d’un des pays les plus modernes, les Etats-Unis, dans lequel la pratique religieuse ne faiblit pas, ou dans des proportions moindres que ce que l’on connaît en Europe. Mais même concernant ce dernier continent, la baisse d’une certaine pratique religieuse, celle des religions dites traditionnelle sous ces latitudes, telle que le catholicisme et le protestantisme, ne signifie pas que la religion compte moins que jadis. Il faudrait sans doute parler de recomposition des pratiques plutôt que de leur disparition, de recomposition des croyances plutôt que de l’avènement d’un monde dénué de croyances. C’est ainsi que se développeront de Nouveaux mouvements religieux, parfois issus d’anciennes traditions, tel que le Bouddhisme dont l’influence est grandissante. Enfin, comment peut-on conclure à un effritement global des croyances religieuses alors même que les Etats les plus puissants tremblent devant la menace d’un terrorisme religieux ultramoderne. Il faut bien se rendre à l’évidence, la modernité n’a pas annihiler la croyance, les croyances, mais a été l’occasion de leur recomposition et peut-être même d’un nouveau développement religieux inattendu.

 

 

Thématiques:

 

L’ensemble du programme devrait se dérouler sur 3 jours (2 jours en France et 1 journée à Sydney) répartis en 5 thématiques centrales :

 

Sens, contresens et essence de la croyance Ce qu’est la croyance en elle-même, archéologie, généalogie, anthropologie de la croyance : pourquoi la croyance ne disparaît pas, redéfinir la croyance, son essence à l’aune de ses métamorphoses modernes

Les croyances aux frontières de la religion Les croyances non religieuses aujourd’hui, à la frontière de la religion, de la superstition la plus populaire, incohérente, magique (succès de l’astrologie) à l’idéologie la plus intellectuelle, élitiste, et cohérente (les croyances quasi-scientifiques). Croyances primitives et croyances sophistiquées.

Les nouvelles politiques croyantes Les politiques de la croyance, les croyances d’Etat, géopolitique des croyances, choc des croyances et choc des civilisations, incompatibilité des valeurs (enquêtes mondiales sur les valeurs), instrumentalisation politique des croyances (ex : la politique américaine d’évangélisation versus le jihad musulman)

Les nouvelles cultures croyantes Culture d’entreprise, culture d’hygiène, culture du bien-être, culture du corps, qui se manifestent dans tous les domaines de la société, au travail comme dans la façon d’envisager son alimentation ou ses loisirs, ou encore ses voyages. Mais les cultures déterminant des types de croyance particuliers, ne sont pas les mêmes en Australie et en France, aux USA et au Bangladesh, en Asie et en Europe. De même les nouvelles activités de l’homme génèrent de nouveaux mythes, de nouveaux imaginaires qui se retrouvent par exemple dans la science fiction ou dans les discours bioéthique actuels. On peut ainsi parler du développement de la croyance dans la sacralité du génome humaine. Les croyances reposent ainsi, et s’alimentent, au terreau de ces imaginaires déterminés par les histoires des groupes et des individus, par l’évolution des horizons techniques et scientifiques, par le contexte géographique, bref par les cultures.

Causes et effets matériels de la croyance aujourd’hui Les contextes sociaux et économiques des croyances actuelles : comportements économiques, conséquences économiques des croyances, flux financiers générées. Croyances de riches et croyances de pauvres. Les croyances dans les sociétés industrielles avancées et dans les pays en voie de développement sont-elles les mêmes ?

 

Pour plus de renseignements :

 

Secrétariat service Recherche IEP d'Aix-en-Provence

25, rue Gaston de Saporta

13625 Aix-en-Provence cedex 1 FRANCE

Tél.: +33 (0)4.42.17.04.77 / Fax: +33 (0)4.42.17.05.42

Courriel : secretariat.recherche@iep-aix.fr  

Sites internet : www.iep-aix.fr et www.world-religion-watch.org

Publié dans Rencontres

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article